Le 13 mars 2026, la Direction générale des Entreprises (DGE) et Bpifrance ont publié la troisième édition du baromètre de l’entrepreneuriat des femmes en France. Cette étude de référence permet de mesurer l’évolution de la place des femmes dans l’écosystème entrepreneurial français et d’identifier les écarts persistants avec les hommes.
Une progression réelle… mais encore insuffisante
Selon le baromètre 2026, 39 % des créations d’entreprises sont portées par des femmes. Ce chiffre progresse régulièrement, avec une croissance moyenne de +2 % par an entre 2021 et 2024.
Même si la tendance est encourageante, l’écart avec les hommes reste significatif, notamment dans les secteurs à forte croissance comme la tech.
Autre indicateur marquant : dans le programme French Tech Next40/120, les femmes ne représentent que 20 % des CEO ou cofondatrices, malgré une légère progression récente.
Un déficit d’exposition à l’entrepreneuriat
L’un des enseignements clés du baromètre concerne l’exposition au monde entrepreneurial.
- 34 % des hommes sont fortement exposés à l’entrepreneuriat
- contre seulement 23 % des femmes
Conséquence directe : les femmes envisagent moins souvent de créer une entreprise.
- 34 % des hommes y pensent
- contre 26 % des femme
Femmes vs Hommes (comparaison globale)
Des motivations fortes… mais différentes
Contrairement à certaines idées reçues, les femmes ne manquent pas de motivation pour entreprendre. Le baromètre met en évidence des moteurs puissants :
- 46 % : entreprendre pour donner du sens à leur activité (entrepreneuriat de valeur)
- 42 % : saisir une opportunité
- 37 % : devenir leur propre patron
- 35 % : entreprendre par contrainte
- 22 % : augmenter leurs revenus
Motivations des femmes entrepreneures
Des freins toujours bien présents : financement et accompagnement
Le principal point de friction reste l’accès aux ressources :
- 32 % des femmes sont accompagnées, contre 39 % des hommes
- 32 % des femmes accèdent à un financement, contre 40 % des hommes
Ce n’est pas seulement un problème d’offre : le baromètre souligne que les femmes sollicitent moins souvent les dispositifs existants.
Une bonne nouvelle : des entreprises solides dans la durée
Sur le sujet de la pérennité, les résultats sont très encourageants.
- 69 % de taux de survie à 5 ans pour les entreprises classiques, autant que les hommes
- 45 % pour les micro-entrepreneures, contre 36 % chez les hommes
Pérennité à 5 ans
Ce que ça change concrètement pour les entreprises et les dirigeants
Ce baromètre n’est pas qu’un état des lieux : c’est un outil stratégique.
Pour les dirigeants, responsables RH ou acteurs de l’innovation, plusieurs leviers se dégagent :
- développer des environnements plus inclusifs
- renforcer l’accès aux réseaux professionnels
- adapter les dispositifs d’accompagnement
- valoriser davantage les rôles modèles féminins
En résumé
Le baromètre 2026 confirme une tendance claire :
✔️ l’entrepreneuriat féminin progresse
❗ mais reste freiné par des inégalités structurelles
🚀 avec un fort potentiel encore sous-exploité
Pour les entreprises comme pour les institutions, l’enjeu est désormais simple : passer de l’observation à l’action.
Source
Baromètre 2026 de l’entrepreneuriat des femmes en France – DGE & Bpifrance